En Géorgie, la gestion des déchets est… spéciale.
Des déchets nous en voyons partout. Et cela ne semble pas déranger les habitants. Nous en jouons de temps en temps avec Estelle et les enfants, feignant de jeter nos déchets par terre. Cela me rappelle la scène de la série Mad Men où les protagonistes terminent leur piquenique d’une manière qui nous avait choqués et profondément marqués Estelle et moi à l’époque.
Lors de nos vacances laborieuses, j’en avais discuté avec Kurt qui organise les travaux à წითელმთა (Tsitelmta). Où mettons nous les déchets du chantier ?
Lui avais-je demandé benoîtement. AH ! Si ce sont des déchets peu encombrants ou flexibles, c’est dans la grande poubelle qui est ramassée. Pour le reste… on fera sans doute un grand trou quelque-part… les éboueurs me crient dessus si je les mets dans la poubelle et il n’y a pas de déchetterie.
Alors on voit fleurir des décharges sauvages un peu partout où nous passons.
Et en France, au fait
Si nous écoutons le systémicien Arthur Keller dans une de ses excellentes conférences, nous pouvons l’entendre comparer la civilisation humaine à une machine qui transforme la nature en déchets. Des déchets nous en avons donc également, et beaucoup.
Mais en France, nous avons mis collectivement en place une gestion des déchets qui permet de les faire disparaître de notre vue. Le traitement des déchets est même le premier poste en coût dans notre communauté de communes par exemple. Ramassage, déchetterie, traitement. La France n’est pas si mal dotée et les mentalité évoluent (trop doucement, certes, mais tout de même).
Mais en définitive, où vont tous ces déchets ? Le savons-nous vraiment ? On entend souvent parler de recyclage.
Les personnes qui ont participé à une Fresque du Numérique le savent, recyclage rime bien trop souvent avec grand enfumage pour reprendre le titre de l’ouvrage de Flore Berlingen.
Et ceux qui ont écouté attentivement la Cantate du Numérique, cette pièce musicale de 14 minutes pour chœur dont je suis l’auteur, savent comment termine la majorité des déchets électroniques : incinérés, ou enterrés, enterrés.
Alors, n’est-ce pas un peu incohérent ? Au moins, en Géorgie, en Turquie ou en Roumanie, ces déchets ne sont pas cachés.
Une fois de plus, la démarche la plus sage semble être d’éviter de produire des déchets. Il ne me reste donc qu’à citer la règle des 5R de la démarche zéro déchets :
- Refuser ce dont on n’a pas besoin
- Réduire ce dont on a besoin
- Réutiliser ce que l’on consomme
- Rendre à la terre (composter)
- Recycler si le reste n’a pas été possible
Accoutumance ?
La vision des déchets nous choque encore. Mais nous y prêtons moins attention. Non pas que cela ne nous gêne pas, ne nous concerne pas, mais nous avons décidé d’éviter de ressasser ce qui nous agace. Nous préférons nourrir ce que nous voulons voir grandir chez nous ou ailleurs, par exemple, l’accueil incroyable, l’entre-aide ou la joie de la rencontre qui sont si inspirants dans les pays cités ci-dessus. Pour le reste, nous prenons un sac et nous ramassons quand nous le pouvons.