Pour finir le tour du lac, nous devons tout d’abord descendre un peu. Le soleil est magnifique, mais il faut déjà bien frais à l’ombre. Les gants sont de sortie.
Puis il nous fait remonter un bon petit morceau. Nous pouvons ranger les gants. Pousser un peu les vélos sur ce chemin bien caillouteux. En haut de la côte, une vue imprenable sur le lac. Nous en profitons pour faire une pause contemplative…
Puis c’est la douce descente vers ანანური (Ananuri) où se dresse un magnifique monastère et où nous rejoignons la route principale que nous souhaitons éviter. Nous l’empruntons un tout petit peu et bifurquons avant le viaduc en côte qui ne nous tente absolument pas.
Un petit vallon, une rivière bien froide, du bois mort. Nous posons notre tente, nous n’entendons que très peu la route bien au-dessus de nous.
Le soleil est vite couché et nous sommes ravis d’entourer le feu de camp que nous garnissons volontiers. Les chiens apprécient notre présence, notamment celle des enfants qui les nomment, les nourrissent et les câlinent.
Frisquet
Au matin, la rivière est gelée. Nous rallumons le feu, prenons le petit-déjeuner, saluons les chiens et prenons la direction du col qui nous sépare de დუშეთი (Dusheti) où nous allons passer l’hiver.
Nous commençons à prendre la route toute neuve qui monte tranquillement. Bernie et Tango, deux des chiens rencontrés et nommés hier, nous accompagnent un peu.
La route se transforme en chemin puis nous arrivons à un gué. Ouf, nous pouvons passer.
Les enfants jouent un peu sur la glace et resteraient volontiers plus longtemps. Les chiens sont toujours là et traversent avec nous. Allez les chiens, rentrez chez vous !
Derrière le gué, une côte en terre nécessitant de pousser les vélos à deux, puis la reprise du chemin. Petite pause grignote. Allez les chiens, faut partir maintenant !
Au col
Ça continue à grimper et ça grimpe même bien. Nous finissons par arriver au col. Puis vient la descente. Nous arrivons à Dusheti puis au ranch où Jean, un volontaire Français, nous accueille. Cette nuit, nous dormons au chaud !
Les chiens sont toujours là. Ils ont parcouru 15km avec nous sans que nous réussissions à les faire rentrer chez eux. Nous sommes bien embêtés d’arriver avec eux, mais comment faire ? Yakuza, le chien du ranch commence à grogner. “Notre” Bernie est un gros mâle dominant, nous craignons qu’il s’attaque à Yakuza qui est également un mâle dominant et qui est chez lui. Ça grogne, ça commence à aboyer et c’est parti pour le combat.
Nous finissons par réussir à séparer les chiens et à virer Bernie. Mais impossible de le chasser vraiment. Il part mais il revient, il a vraiment décidé de rester avec nous.
Temps de chien
Pendant plusieurs jours, nous (surtout les enfants) devons absolument éviter de les nourrir, de les câliner. Nous devons les chasser ; c’est un cauchemar pour nous. Par ailleurs, dès que nous allons faire les courses en ville, “nos” chiens nous suivent. C’est l’enfer car tous les chiens errants ou non du quartier nous aboient dessus.
Après quelques jours, je décide de refaire le chemin dans l’autre sens et de remmener les chiens à Ananuri. Ils me suivent. Plus nous nous approchons d’Ananuri, plus Tango, la petite femelle qui sert de bras droit à Bernie, est pressée de rentrer. Elle me montre même un raccourcis que j’hésitais à prendre.
Une fois arrivés, elle disparaît. Bernie, lui, me suit. Où que j’aille, il est là. Ses copains viennent le voir, il les snobe presque. Je décide de prendre la route pour repartir pour éviter qu’il me suive, me disant que le viaduc doit être une sorte de frontière. Je commence, il me suit, je le chasse et il finit par rester avec son copain. Je pars donc et finis le tour complet du lac lorsque j’arrive de l’autre côté du barrage que nous avions découvert il y a quelques jours.
La pause hivernale peut vraiment commencer.