Il parait que c’est depuis ფოთი (Poti) que Jason et les argonautes ont commencé à remonter le fleuve pour aller chercher la toison d’or.
Nous nous contentons d’y prendre le marchrutka pour aller un peu plus au nord à ცაცხვი (Tsatskhvi) où nous passons deux nuits dans une maison typique de Géorgie. Un jardin clos, un potager parsemé d’arbres fruitiers qui nous offre des pamplemousses notamment, puis la maison sur deux niveaux. En bas, la cuisine, une salle à manger, une salle de bain et des pièces de stockage.
Un escalier extérieur donne accès à la terrasse, qui borde le bâti sur deux côtés, protégée par une large avancée de toit. Cette terrasse sert également d’abris pour la partie inférieures.
Un ballon métallique perché en hauteur reçoit l’eau pompée dans un puits pour servir toute la maison en eau potable. Il faut penser à brancher la pompe de temps en temps et penser à la débrancher également quand le ballon déborde.
La maison appartenait aux grands-parents de notre hôte qui l’utilise aussi. Elle habite ქუთაისი (Koutaïssi) où elle étudie le chant lyrique. Elle aime beaucoup cette maison et ne veut pas la voir péricliter, aussi l’a-t-elle mise en location. Nous sommes ravis de voir quelques témoignages de la vie de ses anciens habitants qui semblent nous accueillir avec bienveillance. Les enfants sont tout joyeux de trouver des jouets et jeux des enfants de notre hôte. Je peux enfin initier Léon au backgammon grâce au magnifique plateau qui se trouve ici.
À la source
À quelque distance de la maison se trouvent des sources chaudes. Nous allons ensuite y poser notre tente, c’est en effet là que nous avons prévu de retrouver Rebecca, Bluejay et Journey. Nous nous installons dans un grand pré et marchons jusqu’aux sources où nous pouvons nous prélasser dans des bassins créés par des retenues en terre et cailloux ou nous laver à l’eau chaude sous la canalisation disposée à cet effet. Nous ne sommes pas tout à fait seuls mais ça se joue à très peu.
Les sources sont brûlantes et abondantes, la plupart de l’eau est captée pour chauffer les serres qui occupent tout le voisinage. Nous voyons çà et là des canalisations ou des stations de pompage, de la vapeur qui sort des serres ou des fossés. Pour se rendre au lieu de baignade, il faut un peu zigzaguer, chercher et oser prendre un petit chemin caché, boueux et pas très avenant. Mais le jeu en vaut la chandelle.
Baffe aux buffles
Quelque-chose cloche, un sentiment diffus que je devrais être ailleurs, une envie de partir, j’ai la bougeotte. Je laisse donc ma famille aux sources pour retourner vers la tente.
Lorsque j’arrive, elle est entourée de buffles qui s’écartent à mon approche et laissent apparaître une plaie béante dans le double-toit de notre tente. L’un d’entre eux a sans doute été attiré par l’aération qui ressort et a voulu voir quel goût elle avait. Mon intervention tardive a mis fin à ses expérimentations gastronomiques.
Décidément, notre matériel est en souffrance !
Au retour d’Estelle, nous nous attelons à la réparation. Nous avons acheté une bande adhésive étanche à Batumi, nous l’essayons.
Une nuit au parc
Rebecca et les enfants nous rejoignent. Nous sommes tout heureux de les retrouver. Léon et Lucie parlent de mieux en mieux anglais, c’est un plaisir à entendre. Nous commençons à leur faire remarquer des subtilités grammaticales qu’ils intègrent tout naturellement.
Le programme est maintenant de prendre le chemin vers la Svaneti par petites étapes et en se suivant. Nous à pieds, Rebecca en voiture.
Nous nous rendons à ზუგდიდი (Zougdidi) où il est possible, paraît-il, de poser la tente à l’intérieur du jardin botanique. Quelle bonne idée ! Nous passons donc la nuit sous les grands arbres dans un jardin désert. Du moins, déserté par les humains, car les chiens du quartier sont toujours là et accompagnent notre nuit de vocalises. La nuit est tout de même bien agréable.