Nous avons passé quelques jours dans notre merveilleux spot à quelques centaines de mètres du centre. Nous en avons profité pour visiter le musée de მესტია (Mestia), découvrir la cuisine svan dans les restaurants locaux avec les amis, ou encore explorer la ville et ses impressionnantes tours.
Ce matin, nous avons levé le camp, mis nos affaires dans la voiture de Rebecca et allons plus au nord, au bord de la rivière pour planter la tente à côté de la sienne.
Une très jolie randonnée s’ensuit qui passe par des hameaux de fermes aux tours tout aussi impressionnantes ou une église qui trône au dessus de la vallée, offrant une vue imprenable sur les montagnes alentour.
Nous rejoignons Rebecca au moment où la pluie se met à tomber en trombe et nous mettons à l’abris dans la voiture pour laisser passer l’averse. Le spot est idéal pour elle, pour nous, ce n’est pas terrible, nous préférerions un autre endroit, mais où ? Alors, nous posons la tente à côté de la sienne et tout proche de la rivière. Quel bruit ! La fonte des neiges est en cour et le courant est très fort. Pour autant, la vue est vraiment belle.
Disparition
Je me reveille en pleine nuit. Je sors arroser les plantes et râle intérieurement contre Léon qui a dû sortir et oublié de fermer le double-toit en rentrant. Je me recouche.
Un nouveau réveil. Le double-toit est encore ouvert et cette fois, je suis sûr que ce n’est pas Léon. Quelque-chose se passe. Je me lève, regarde autour, vais voir la voiture, tout est sens dessus dessous. Je suis tout chamboulé, on s’est fait cambrioler. Je parle un peu fort, ça réveille Rebecca qui sort et est dans le même état que moi. Estelle et les enfants sont aussi réveillés et nous nous apercevons que le voleur nous a dérobé des objets dans la tente, juste à côté de nos têtes.
Un rapide coup d’œil, les passeports sont là, les portefeuilles et les téléphones aussi. Nous constatons que notre drone tout fraîchement acheté n’est plus là.
Tout le monde est sauf, juste du matériel, simplement de la déception, de la frustration, ça passera. Nous essayons de digérer, de calmer les velléités de vengeance ou de poursuite de Léon qui passe vite à autre chose, nous rigolons bien en voyant que notre trousse de toilette a disparu et pensons à nos peignes à poux…
Peut-être le voleur était-il encore là et a dû se demander pourquoi nous nous amusions. Puis nous tentons vaille que vaille de redormir. Un peu.
Au poste
Le lendemain, je ne prends pas la voiture car il n’y a plus de batterie. Le voleur en fouillant a sans doute laissé la portière ouverte et la batterie s’est déchargée. Les enfants veulent venir avec moi, nous faisons du stop, direction le commissariat.
Le planton nous accueille, nous demande d’attendre, appelle son collègue qui remonte avec une tête de quelqu’un qui aurait bien aimé dormir plus. Nous devons attendre, personne ne parle vraiment anglais. Le planton installe les enfants devant la télévision. Ils se délectent de films pour enfants doublés en géorgien, c’est très amusant.
Plusieurs policiers arrivent, la nouvelle du larcin se répand, ça discute un peu. Puis nous montons dans la voiture de police pour aller sur les lieux du crime.
Ils observent, nous expliquons via traducteur. Un homme vient faire des exercices de musculation torse nu juste au dessus de notre lieu de camp, debout sur une cuve en béton. Une voiture arrive à ses côtés et ça discute. Les policiers ont emmené des câbles pour faire démarrer la voiture de Rebecca. Mais lorsque nous regardons, le capot est déjà ouvert, une cosse de la batterie débranchée. Incroyable ! Le voleur a pris soin de débrancher la batterie.
Léon fait judicieusement remarquer que c’est un stéréotype de genre et que c’est peut-être une voleuse. Rebecca se réjouit qu’il s’en préoccupe, mais pense quand même que, malheureusement, c’est très certainement un homme qui a fait le coup.
La batterie est rebranchée, tout le monde peut retourner au commissariat.
Au moment où Estelle veut monter dans la voiture, un des policiers nous dit qu’il faut que quelqu’un reste sur place pour garder le camp. Estelle reste mais je fais remarquer que nous vivons depuis deux ans dehors et laissons nos affaires sans avoir eu de soucis et que par ailleurs le vol a été commis alors que nous étions dans la tente. Ça les fait sourire. Mais Estelle restera au camp tout de même.
La traductrice arrive, il s’agit de la dame de l’office du tourisme que nous avons rencontrée quelques jours auparavant. Je raconte, elle traduit. Puis c’est le tour de Rebecca. Elle finit son travail en disant qu’ils ont honte de ce qui nous est arrivé.
Nous décidons de célébrer cette nouvelle aventure au restaurant, je vais chercher Estelle et nous voilà attablés dans un bon restaurant à nous délecter de la cuisine svane.