Enfin la rando

Quelques jours de marche

Écrit par Marc pour le .

La neige tombe à მესტია (Mestia). Nous dormons à l’abri, non pas qu’il fasse trop froid ou que nous trouvions cela désagréable, mais nous sommes assez dépendants dans notre mode de voyage actuel de nos amis qui sont moins bien équipés que nous pour le froid.

Cela nous permet de cuisiner un peu et de préparer la randonnée que nous allons démarrer lorsque la neige aura cessé.

Premier col

Nous partons enfin ! Nous démarrons une randonnée sur plusieurs jours, ce pour quoi nous sommes ici. Inenvisageable de prendre tout le matériel pour être autonome alors nous dormirons en auberge.

Ça monte tranquillement pour quitter la ville. Lucie trouve trop dur de marcher dès le début. C’est souvent le cas avec Lucie, elle n’aime pas les démarrages. Une fois qu’elle est lancée, plus aucun problème, mais les débuts sont parfois délicats. Alors nous prenons le temps, nous attendons un peu, nous avançons tranquillement et au bout d’un certain temps, la voilà qui court devant.

C’est beau.

Nous sommes dépassés par des marcheurs britanniques, puis hollandais et, surprise, nous croisons Jean-Mi, notre compatriote rencontré quelques jours plus tôt.

Puis nous grimpons plus sérieusement, touchons la neige et arrivons à notre premier col. La vue est saisissante et appelle à la contemplation. Pause casse-croûte avant la descente de l’autre côté.

Les petits villages se succèdent, hérissés des fameuses tours svanes. Les prairies fleuries sont magnifiques et éclairent la qualité des produits laitiers locaux.

En fond de vallée, une route étroite, un chien qui nous défie au milieu de la route. Estelle nous arrête. On ne passera pas. Une petite camionnette arrive à ce moment, bonjour, montez. Nous grimpons sur le plateau arrière, le conducteur doit bien connaître le chien. Au bout d’un certain temps, où allez vous ? ჟაბეში (Zhabeshi) ? Nous aussi. Quelle auberge ? Nous ne savons pas encore, alors nous descendons au pont. Une vieille pancarte nous indique Nora, allons là.

Elle est vieille Nora. Elle vit là, collée à son poêle quand elle ne court pas dans tous les sens. On rentre par sa chambre, elle nous conduit dans les nôtres, nous sert un en-cas et prépare le repas du soir. Elle a mal au dos alors Estelle tente un soin improvisé. Elle s’endort sur le canapé. La prise dans la chambre est déboîtée, je demande un tournevis et remboîte. La douche est avec vue sur la montagne. C’est beau. Vous ne restez qu’une seule nuit ? Restez deux nuits ! Mais ce n’est pas notre programme

Deuxième col

Un solide petit-déjeuner et nous voilà partis pour le deuxième jour. Ça grimpe fort directement. Le démarrage est difficile une fois de plus, mais assez vite, nous voilà marchant avec entrain. C’est raide, mais nous avons de bonnes jambes, même après tous ces mois sans pédaler. Mais c’est raide.

Nous longeons le petit ruisseau, croisons chèvres et boucs, juments et étalons, vaches et taureaux. Observer pour voir si nous pouvons passer. Nous pouvons passer.

Des rhododendrons se déploient partout. Comment sais-je que ce sont des rhododendrons ? Le mystère de la culture diffuse transmise dans l’enfance, précisément ce que nous offrons à nos enfants.

Puis arrive la neige. Quelques centimètres. Parfois assez pour s’enfoncer jusqu’aux chevilles.

Nous arrivons à la station de ski. Elle est fermée. Nous nous arrêtons pour le casse-croûte, rencontrons un couple français en voyage en Géorgie.

La descente est moins jolie, une piste de montagne pour voitures. Puis nous avançons vers წვირმი (Tsvirmi). La claque. C’est tout simplement magnifique. La lumière chaude baigne les pâtures de montagne avec les sommets enneigés comme image de fond. Nous sommes sous le charme. Les chevaux folâtrent. Des enfants en montent, ils sont nés dessus. Nous arrivons au village, trouvons une auberge qui nous accueille. Le paysage nous fait penser aux photos des Alpes suisses, le tarif des auberges aussi.