Dans les nuages

Baptême de l'air

Écrit par Marc pour le .

L’aéroport de მესტია (Mestia). On est passé devant un sacré nombre de fois. Un seul avion y atterrit et y décolle, un petit coucou de 15 places. On le voit passer une fois par jour au max.

À force, une idée nous est venue. Et si nous allions voir les montagnes des Svanétie depuis les nuages ? Ce serait la première fois que les enfants montent dans un avion !

Réserver une place dans ce coucou n’est pas une mince affaire et il faut être chanceux pour y trouver un siège libre tant de nombreuses personnes souhaitent utiliser ce transport. Alors 4 sièges…

Bien sûr, le site mobile dysfonctionne allègrement, bien sûr, personne ne parle anglais et il faut passer par le site web pour réserver. Une âme bien intentionnée me prête son ordinateur pour que je puisse partir à la recherche des fameux billets. Aucune place pour თბილისი (Tbilissi) ce mois-ci. Les places sont mises en vente pour un mois seulement. Mais, il y avait 4 places pour le 17 juin pour aller à ქუთაისი (Kutaisi) alors je les ai prises.

Et voilà, nous sommes le 17.

C’était donc la dernière nuit en Svanétie et c’est pour cela que nous avons changé de maison d’hôtes, pour se rapprocher de l’aéroport.

Nous nous y rendons à pieds. Nous nous présentons au guichet, faisons peser nos bagages (pas plus de 15kg par personne, ça fait 60kg pour nous quatre). Ça passe, ouf, mais nous ne sommes pas loin de la limite.

On voit l’avion débarquer, les passagers descendre, nos bagages partir dans la soute qui est dans le nez de l’avion puis nous sommes invités à rejoindre l’aéronef. C’est excitant !

Il fait grand beau, quelle chance.

L’équipage, c’est le pilote et le copilote. Le copilote nous fait l’explication des consignes de sécurité puis s’assoit à sa place. Le cockpit est ouvert, on voit une épaule de chaque membre de l’équipage déborder de la séparation matérielle qui se trouve face à nous.

Allumage d’un moteur, l’hélice se met à tourner. De plus en plus vite. Allumage du deuxième moteur. Idem. Et en piste.

Nous nous élevons et survolons la ville, les montagnes se montrent à nous sous un autre jour, c’est magnifique, magique !

Nous touchons les nuages, rentrons un peu dedans. Nous sommes entourés de sommets enneigés.

Puis les sommets baissent, moins de neige, plus d’arbres, les reliefs s’apaisent, se liment, se rabotent, plus de champs, plus de villes, plus de routes et voilà ქუთაისი en vue.

La descente est très violente pour Lucie qui souffre affreusement des oreilles. L’habitacle n’est pas pressurisé !

L’atterrissage se fait en douceur, nous montons dans la navette qui nous emmène à la porte du terminal vide. Nous récupérons nos bagages sur les superbes tapis roulants qui semblent démesurés face à la rareté des sacs et nous voilà dehors, où un bus nous attend pour nous emmener au centre ville.

Trente minutes. Le vol a duré à peine trente minutes. C’est six à huit heures de route avec le marchrutka. Nous sommes arrivés d’autant plus vite que nous sommes partis en avance !

Il fait très chaud pour nous qui descendons des montagnes, mis bien moins qu’en France où la canicule pré-estivale sévit déjà. Cela nous aide à relativiser.

Nous rejoignons la maison d’hôtes où nous dormons ce soir, demain matin, nous irons prendre le bus pour თბილისი (Tbilisi) puis un marchrutka pour ბაზალეთი (Bazaleti) où nous trouverons un endroit pour poser notre tente. C’est fou.


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