Après avoir vécu le sacrifice de colombes et après avoir laissé partir les émotions débordantes, Lucie nous explique que sans doute cet homme ne pense pas à mal.
Il a fait graver sur une croix Ne lève pas l’épée ou tu tomberas par l’épée et il tue des colombes pour Dieu, mais Dieu n’a jamais demandé ça ! Pour ce monsieur, ce qu’il fait c’est bien, ce n’est pas par méchanceté, ça ne sert à rien d’être en colère contre lui et de le voir comme ça, ça me libère.
Nous continuons de rouler.
Où aller ? Où ne sommes-nous pas encore allés qui soit accessible pour nous ?
Nous sommes à კოთელია (Kotelia), et de l’autre côté des collines se trouve un plateau, une réserve naturelle. La route qui nous y mène fait une boucle qui débouche plus au sud, en direction de ახალქალაქი (Akhalkalaki). Allez, on essaie ça !
Nous coupons par les champs, les petites pistes de terre sèche. Il fait chaud, le soleil tape mais le chemin est agréable. Des champs cultivés, moissonnés ou en cours de moisson, des mains qui se lèvent à notre passage, un salut de loin. Des tracteurs, des “moiss’batt” comme disait mon grand-père, les moissonneuses-batteuses, des vieilles, des neuves, des soviétiques, des états-uniennes, on en voit de toute sorte dans le coin.
Nous arrivons dans un tout petit village, il paraît qu’il y a une cascade là-haut, allons voir ! Promesse de baignade. Ça grimpe, on y va à pieds. La cascade est bien là, bien fraîche.
Quelques kilomètres encore, les sacs remplis d’œufs, de fromage et de prunes offertes au passage d’une rencontre. Quel délice.
Le camp est posé. La motivation n’est pas à son paroxysme pour grimper sur le plateau où se trouve la réserve naturelle. Alors nous profitons juste de voir les falaises se dresser.
De retour à Orja
Nous poursuivons la route le lendemain, pause repas à ვარევანი (Varevani) où nous en avions déjà fait une quelques semaines auparavant. Nous y revoyons quelques visages déjà rencontrés, dont le numismate qui nous avait invités à boire un thé chez lui.
Nous voilà désormais à nouveau sur une route connue. Mais cette fois, pas question de pousser jusqu’à ოლავერდი (Olaverdi), nous nous arrêtons à ორჯა (Orja), au fond du canyon, à côté de l’abri, sous les pommiers au bord de la rivière.
Que l’endroit est beau.
Baignades, dégustations de pommes, détente.
Des enfants passent de temps en temps, ils sont très excités, je veux dire, encore plus que les nôtres, et ce n’est pas toujours simple de jouer ensemble, mais le lien se fait quand même.
Anniversaire
Après quelques jours, une délégation arrive du village. Des femmes et jeunes filles, elles viennent nous offrir le café et quelques fruits frais ou encore des pommes de pins confites, comme à აბასთუმანი (Abastumani). Nous passons un moment très agréable et nous leur disons que cela fait un beau cadeau d’anniversaire en avance pour Estelle. C’est demain ton anniversaire ? Nous reviendrons !
Le lendemain donc, une délégation encore plus grande arrive avec un beau gâteau fait maison, des fruits, du café et des présents pour l’anniversaire d’Estelle ainsi un petit mot adorable écrit en anglais. Une fois encore nous sommes extrêmement touchés par la gentillesse de nos hôtes et avons un immense plaisir à partager un bon moment avec elles.