La tente est arrivée ! Enfin !
Du moins, elle est arrivée à l’aéroport de Tbilisi. Il me reste à attendre qu’elle arrive dans le bureau du transporteur, à la dédouaner à distance puis à aller la chercher ou bien la faire livrer.
Nous réservons une chambre dans un petit hôtel familial excentré à ახალქალაქი (Akhalkalaki) pour faire les démarches administratives et préparer enfin la suite du voyage.
Nous profitons de cette pause pour aller visiter la petite chapelle dont nous a parlé Lera. Elle est bien cachée mais bien jolie. Nous y allons en passant par le canyon et la quittons en passant par un chemin plus périlleux : escaliers métalliques vertigineux, chemin piétons puis l’impressionnant pont suspendu que nous avons déjà pris à vélo. Cette fois nous sommes à pieds.
Ville frontière
Elle est étrange cette ville. La première fois que nous y sommes passés, il y a plus d’un an, je l’ai trouvée désagréable. L’artère principale très passante, les voitures “blingbling” garées devants les casinos, les infrastructures approximatives, la poussière, le gris, pas beaucoup de charme.
Mais à force de s’y rendre, à force de découvrir tous les quartiers, les secrets de cette ville, je m’y attache, je lui trouve un côté charmant, je salue les gens que je reconnais et qui nous reconnaissent. Et puis certaines ruelles sont bien plus sympathiques que cette artères principale.
Et les petits cafés notés nulle-part que l’on découvre et qui régalent nos papilles et accueillent nos temps de travail. Le marché de frais, chaque jour, dans la rue parallèle à la grande rue. Le magasin de café où l’on trouve un excellent arabica moulu à la demande.
Elle est pleine d’incongruités aussi. Par exemple, les rues sont en excellent état, permettant aux voitures blingbling citées plus haut de faire vrombir les moteurs puissants et crisser les pneus. Mais comme nous sommes en ville et non sur un circuit de course automobile, des dos d’âne sont installés tous les trente ou cinquante mètres partout dans la ville et ralentissent ainsi tous les usagers, même les cyclistes.
Ou encore le système d’évacuation des eaux de pluie qui semble tout simplement inexistant. Chaque maison déverse ses eaux de pluie sur la chaussée par le biais d’une gouttière qui traverse en hauteur le trottoir et est étayée par une perche, ou bien le chéneau finit-il directement sur le trottoir, advienne que pourra. Le tout se déverse sur la chaussée et l’inonde complètement. Les voitures qui peuvent rouler ont de l’eau jusqu’aux chevilles et les piétons les plus braves sautillent d’îlots en îlots, espérant sauver un tant soit peu leurs chaussures de l’humidité et bien souvent finissent les pieds complètement trempés.
Mais surtout, il y a le bureau du Revenu Service, le service des impôts et Nino, qui m’aide à chaque fois que je vais la voir. Car j’en ai quelques-unes à faire des démarches administratives. Et j’ai beau avoir un compte sur le portail internet, il n’est absolument pas traduit malgré les apparences. Et quand bien même serait-il correctement traduit, j’aurais bien de la peine à effectuer lesdites démarches. Alors un bureau des RS avec une employée compétente et aidante, ça se note. C’est donc là que je vais pour payer mon ultime dédouanement, sans hésiter.
La taxe à l’import est payée, le colis dédouané, je peux donc me le faire livrer ! Entre trois et cinq jours ouvrables me dit le site. Ce sera plus confortable que l’aller-retour à Tbilisi.