Automne en Turquie

Quelques nuits en bord de lac

Écrit par Estelle pour le .

Toute la soirée nous nous sommes extasiés devant la propreté étincelante de cette nouvelle tente.

Ce matin là, nous sommes déjà à 6h30 sur nos vélos en direction de la frontière. Le passage est rapide.

Nous avions prévu de petit-déjeuner juste après, mais il n’y a rien. Grosse déception pour tous et les petits estomacs qui se réveillent. Nous nous arrêtons en bord de route et mangeons ce qui nous reste.

Après, ça monte. Sec.

Lucie a du mal. Après l’étape incroyable d’hier, elle n’a pas envie d’être à nouveau dans le dur. Pourtant, nous n’avons pas le choix. On se demande comment la suite va se gérer pour elle. J’aimerais qu’elle change de vélo depuis plusieurs semaines, je pense qu’elle serait moins en peine.

Léon trouve de nouvelles resources en lui pour accompagner sa sœur, la motiver. On lui redécouvre une finesse relationnelle. C’est parti. Lucie qui voulait s’arrêter est motivée pour rouler jusqu’au lac de Çıldır.

Léon devant un panneau de signalisation en bord de route, Çıldır, Ardahan, Erzurum

Le retour des tunnels

Avant cela, on doit gravir un nouveau col et traverser un tunnel. Juste avant de nous engouffrer dans plus de deux kilomètres de boyau sous-terrain grimpant à trois pourcents et sans voie spécifique, un camion s’arrête et fait machine arrière. Vous voulez emprunter ce tunnel ? Je m’attends à ce qu’il nous dissuade, mais Ok, alors allez-y et je vous protège en roulant derrière

MERCI !

Une voiture de sécurité s’est elle aussi arrêtée : Allez-y, on vous suit jusqu’à la sortie Merci, Merci ! Le camionneur nous salue et cède la place.

Nous voilà escortés par la voiture escargot s’arrêtant au rythme des pauses boisson annoncées tantôt par les enfants, tantôt par Marc.

Ils s’interrogent : Ça va les enfants ? Ils ne sont pas trop fatigués ? Non non, ça va.

Léon et Lucie trouvent surtout cela épatant, généreux et amusant. Léon me lance l’œil malicieux : Alors maman, tu préfères toujours passer par la montagne ? Bon, j’avoue que là, c’est pas mal.

Çıldır et son lac

La descente nous emmène jusqu’en ville où nous retrouvons une lokanta typique dans laquelle nous mangeons qui un çorba, qui un pide, qui un lahmacun. Nous nous régalons et sommes heureux de retrouver cette cuisine savoureuse.

Nous reprenons la route vallonnée et rejoignons le lac de Çıldır . Nous finissons la journée auprès d’un salon de thé en bord d’eau. Les gens sont adorables. On s’installe. Ils nous offrent le repas. Je fabrique des bracelets pour leurs filles pour les remercier de tant de gentillesse.

Des bracelets, je vais en faire. Beaucoup. Partout.

L’eau du lac est incroyable. Elle est d’une grande douceur. Les enfants tentent une baignade, Marc se baigne et moi je prends une photo.

L'accès à la plage à côté du restaurant où nous dormons la première nuit

Presqu’île

Plusieurs voyageurs croisés ces derniers temps nous avaient parlé de la presqu’île de ce lac, nous la découvrons le lendemain.

Incroyable ! À peine avons-nous pénétré dans le village que nous nous extasions devant les couleurs des maisons, la vue, l’énergie paisible qui y règne. Nous nous arrêtons à la fontaine remplir nos gourdes. Comme souvent, les gens du village arrivent, regardent questionnent.

Le joli village de Akçakale

Puis Gökhan nous invite à prendre le thé. C’est parti pour un çai, le montage du camp attendra. Le çai se transforme en repas délicieusement cuisiné et offert par Nurgül. De l’oie de la maison, çorba, du riz, des popcorns, du çai, on se régale.

Leur petit garçon finit par être moins timide, leur plus jeune fille aussi. Avec Nergis, nous fabriquons des bracelets. Puis Aslihan rentre de l’école. Elle a huit ans. Un autre bracelet. Leur grande sœur et grand frère ne rentrent que le week-end, ils sont internes à la ville.

Nous hôtes du jour

Nous montons le camp au bout de la presqu’île.

Ici, l’hiver est très froid. Des chevaux tirent des traîneaux sur le lac gelé tandis que d’autres patinent. Toute la vie tourne autour du lac. L’été est court, tout le monde se baigne. L’hiver arrive vite mais est magnifique nous dit-on.

Ici, pas de chasse. On soigne plutôt les animaux malades comme les oiseaux. Peut-être est-ce pour cela que nous croisons le soir venu un magnifique renard arctique.

Le lac sous les averses

Quelle histoire

Les enfants s’entendent à merveille et jouent si bien ensemble que nous décidons de rester deux nuits. Gökhan fait visiter les ruines présentes sur la presqu’île à Marc. Une tour de garde et un chateau en ruines, une pierre gravée par des chrétiens, une habitation préhistorique, de très nombreuses civilisations se sont succédées ici et ce, depuis plusieurs milliers d’années.

Gökhan marche vers la vieille tour de guet en ruine

Lire l'article suivant : Kars
Lire l'article précédent : Enfin

Pour être informés par mail de la parution des articles, vous pouvez vous inscrire à notre newsletter