Retrouver la tente

Camper face à la mer

Nous pouvons enfin retrouver notre tente !

Certes il est sympathique de découvrir des appartements et de maisons d’hôtes, mais la vie au grand air nous manque tous. Aussi, ce matin, nous quittons Ureki, cette station balnéaire vide à cette saison, et nous dirigeons un peu plus au nord, dans un endroit encore plus vide d’humains.

La tente est posée face à la mer, sous les pins et à proximité de la cabane rouge et vide des surveillants de plage.

Notre réchaud a encore une fuite, il va à nouveau falloir trouver un soudeur. Sans doute à Poti.

Exil heureux

L’absence d’eau potable accessible facilement nous fait envisager un déménagement après une nuit seulement. Je pars explorer la côte plus au nord.

Je fais la rencontre de Viktor et Brendan qui discutent entre une caravane et une tente. Je me joins à eux et me dis très rapidement que j’ai trouvé notre prochain emplacement.

Brendan est Sud-africain et voyage en tente et en autostop. La trentaine, webdesigner, il a très envie de voyager au long cours et trouve que le passeport et le dollar sud-africains ne sont pas des atouts très puissants.

Viktor, quant à lui, vit ici depuis deux ans dans sa caravane. La guerre en Ukraine a agi sur lui comme un déclic et il a décidé de quitter la Russie comme beaucoup de ses compatriotes. Informaticien, spécialiste de la sécurité, il a réduit fortement ses besoins et travaille à distance, le moins possible. Il s’est installé ici avec la bénédiction du propriétaire du terrain, a installé une pompe à eau, s’est branché sur le tableau électrique du voisin pour quelques laris et partage le tout avec les voyageurs qui veulent bien s’installer ici.

Une famille russe est également là en caravane et Lucie est ravie de jouer avec Veronika quand la pluie laisse sortir cette dernière.

Les quelques nuits que nous passons ici nous laissent le temps de saluer les dauphins qui passent à quelques dizaines de mètres de la côte.

Viktor nous initie à la découpe et salaison du saumon frais et partage avec plaisir les repas avec qui veut bien.

Pas le réchaud au lac

Après bien des recherches, je trouve un soudeur qui me fait une magnifique réparation sur le réchaud, mais c’est au tour d’une autre pièce de lâcher et nous ne pourrons pas l’emmener plus loin. Alors c’est cuisine au feu de bois en attendant de lui trouver un remplaçant.

Nous sommes entre mer et lacs dans une régions de marais qui est partiellement protégée par le pac national de Kolkheti. À la maison des visiteurs du parc, nous pouvons louer des canoës et naviguer paisiblement sur le petit lac qui nous permet de saluer les pêcheurs en bordure et d’explorer les roseaux et recoins silencieux. La balade est sensée durer une heure mais nous n’avons pas d’horloge sur nous et le bonhomme nous fait un peu les gros yeux quand nous arrivions après plus de deux heures sur l’eau. Mais nous sortons tous les déchets plastiques que nous avons récoltés le long des berges et recevons alors les félicitations de l’équipe du parc. Nous n’avons pas réussi à extraire le téléviseur à tube cathodique des roseaux, si jamais quelqu’un veut s’y employer…